Retard de développement chez l’enfant : mieux comprendre pour mieux agir

Le développement de l’enfant suit un rythme propre à chacun. Mais lorsque certaines acquisitions tardent à se manifester dans plusieurs domaines, on parle alors de retard de développement. Si ce terme peut inquiéter, il est essentiel de mieux en comprendre les contours, les signes d’alerte et les démarches à entreprendre.

Crédit photo: HK Living

Qu’est-ce que le retard de développement ?

Le retard de développement désigne une progression plus lente dans plusieurs domaines simultanément :

  • Moteur (marche, motricité fine),

  • Cognitif (résolution de problèmes, mémoire),

  • Langagier (acquisition et compréhension du langage),

  • Affectif et relationnel (expression des émotions, interactions sociales).

Chaque enfant évolue à son propre rythme, et un décalage temporaire dans un seul domaine n’est pas nécessairement un signe d’alerte. Par exemple, un enfant qui commence à parler tard peut exceller sur le plan moteur. Ce n’est que lorsque plusieurs retards persistent et se combinent que la notion de retard de développement est envisagée.

À partir d’un certain âge, généralement entre 6 et 8 ans, ces retards peuvent s’affiner en diagnostics plus précis, comme un trouble de l’attention (TDAH), une déficience intellectuelle, ou un trouble "DYS" (dyslexie, dyspraxie, etc.).

On distingue deux formes principales de retard de développement :

  • Un retard léger, souvent qualifié de simple décalage dans les acquisitions, qui peut être rattrapé avec le temps.

  • Un retard global, plus marqué et affectant presque tous les aspects du développement.

Comment repérer un retard de développement ?

Le repérage d’un retard de développement peut intervenir à différents âges et par divers acteurs :

Les parents : premiers observateurs du développement de leur enfant, ils sont souvent les premiers à remarquer un décalage par rapport aux autres enfants du même âge. Une étude publiée dans le Journal of Pediatrics (2021) montre que 70 % des retards sont d’abord identifiés par les familles avant d’être confirmés par un professionnel.

Le pédiatre et le médecin généraliste : lors des consultations de suivi, ils évaluent les acquisitions de l’enfant et peuvent recommander des examens complémentaires.

Les professionnels de la petite enfance (assistantes maternelles, éducateurs en crèche) : habitués à observer de nombreux enfants, ils peuvent repérer un décalage dans l’acquisition de certaines compétences.

L’école maternelle : l’un des premiers lieux où les différences deviennent plus visibles. Les enseignants et les psychologues scolaires, en comparant les évolutions de chaque élève, peuvent alerter les parents si un écart significatif est constaté.

💡 Quelques repères selon l’âge (d’après les recommandations de la Haute Autorité de Santé - 2023) :

  • À 12 mois : absence de babillage ou difficulté à s’asseoir seul.

  • À 18 mois : pas de marche acquise, absence de gestes de communication (pointer, saluer).

  • À 24 mois : vocabulaire très limité, difficulté à imiter des actions simples.

  • À 3 ans : difficultés majeures à interagir avec les autres enfants ou à suivre des consignes simples.

Dans tous les cas, ces repères sont indicatifs et ne remplacent pas un avis médical.

Que faire si un retard est suspecté ?

Parler à un professionnel
Si un doute persiste, la première étape consiste à consulter un médecin généraliste, un pédiatre ou un centre de PMI (Protection Maternelle et Infantile). L’objectif est d’obtenir une première évaluation et, si nécessaire, une orientation vers des examens plus approfondis.

Se fier à son instinct parental
Les perceptions varient selon les médecins : certains se veulent rassurants, d’autres plus prudents. Si une inquiétude persiste malgré un premier avis médical, ne pas hésiter à demander un second avis. Un suivi précoce peut faire une grande différence.

Les examens possibles
Si le retard semble confirmé, plusieurs bilans peuvent être proposés :

  • Un bilan psychomoteur (avec un psychomotricien) pour évaluer les compétences motrices et cognitives.

  • Un suivi au CAMSP (Centre d’Action Médico-Sociale Précoce) avec un pédiatre spécialisé.

  • Une évaluation neurologique (IRM, électroencéphalogramme) si une cause médicale est suspectée.

  • Un bilan auditif et orthophonique en cas de retard de langage.

  • Des tests génétiques en cas de suspicion de pathologie d’origine génétique.

Un accompagnement adapté
Une fois le retard identifié, des séances hebdomadaires de rééducation peuvent être mises en place : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, etc. L’essentiel est de stimuler l’enfant sans pression, en valorisant chaque progression.

Ne pas rester seul.e
Cette période de questionnements et d’examens peut être anxiogène. Se tourner vers des associations de parents, des groupes de soutien ou des professionnels spécialisés permet de partager ses doutes, trouver des ressources et avancer plus sereinement.

Un regard lucide sur chaque parcours

Un retard de développement n’est pas une fatalité. Chaque enfant évolue à son propre rythme, et avec le bon accompagnement, de nombreuses acquisitions peuvent être stimulées et progressées.

L’enjeu principal est d’identifier ces retards suffisamment tôt, sans céder à la panique, pour offrir à l’enfant les meilleures opportunités d’épanouissement.

Dans tous les cas, l’important est de faire confiance à son ressenti de parent, de poser des questions et de chercher les ressources adaptées. L’accès à un diagnostic et à un accompagnement bienveillant fait toute la différence pour ces enfants qui, eux aussi, méritent d’explorer le monde à leur manière, à leur propre tempo.

Sources :

  • Haute Autorité de Santé (HAS) - Guide des repères du développement infantile (2023)

  • Journal of Pediatrics - Study on Early Parental Detection of Developmental Delays (2021)

  • INSERM - Études sur le dépistage des troubles neurodéveloppementaux (2022)

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