Les bêtises: ces petites victoires de la vie

Dans l’imaginaire collectif, les bêtises des enfants sont souvent synonymes de chaos, de désordre. Mais pour les parents d'enfants handicapés, ces petits actes d’indiscipline prennent une toute autre signification. Ils deviennent des moments charnières, des instants où le quotidien bascule dans quelque chose de plus grand.

Crédits photo: Mathilde Cabanas

Chaque "bêtise" de nos enfants n’est jamais vraiment anodine. Elles sont des marqueurs, des signes discrets qu’ils franchissent des étapes, qu’ils testent, qu’ils apprennent. Là où certains y verraient une source d’agacement, nous y décelons la preuve tangible d’une compréhension, d’un progrès, d’une audace même.

Un placard vidé, une cachette sous la table, un objet détourné de sa fonction première, ce sont autant d’actes qui nous rappellent que nos enfants ne sont pas simplement des observateurs passifs du monde qui les entoure. Ils le saisissent, l’expérimentent, parfois maladroitement, mais toujours avec une volonté farouche de le comprendre et de s'y inscrire.

Ces bêtises sont le signe qu’ils explorent les limites, qu’ils testent des frontières. En un sens, c’est la marque d’un esprit qui cherche à comprendre les règles pour mieux les contourner. C’est dans ces moments-là qu’on perçoit une forme d'intelligence subtile, celle qui ne se mesure pas par des critères classiques, mais par cette capacité à interagir avec le monde à sa manière.

Pour les parents, ces gestes qui pourraient irriter sont souvent accueillis avec un sourire en coin. Parce que, au-delà du désordre temporaire, ils témoignent de la résilience de nos enfants, de leur capacité à avancer, à se faufiler à travers les attentes qu’on a d’eux, à s’affirmer dans le monde malgré les obstacles.

Chaque bêtise est une petite victoire. C’est une réponse, parfois silencieuse, à des mois de travail, de progrès invisibles, de frustrations muettes. Et lorsqu’un enfant handicapé fait une "bêtise", c’est souvent le signe qu'il a franchi une barrière qu’on ne pensait pas possible de dépasser.

Alors, au lieu de réprimander, on observe, on accueille ces moments comme des instants précieux où ils nous disent, à leur manière : "Je comprends. Je grandis. Je suis là."

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