Premières glisses : le rêve de Gabin devenu réalité
"Moi aussi, je veux faire du ski !" Cette phrase, Gabin l’a répétée des dizaines de fois en entendant ses copains et ses cousins raconter leurs exploits sur les pistes. À 6 ans, atteint d’une maladie neuromusculaire qui limite parfois ses mouvements, il rêve pourtant de vitesse, de neige et de sensations fortes. Un rêve que ses parents ont décidé de rendre possible.
"On voulait qu’il puisse vivre cette expérience comme n’importe quel enfant. Pas en tant qu’exception, mais juste comme un petit garçon qui découvre les joies de la neige et de la vitesse."
Une station et un dispositif adaptés
Direction les Carroz d’Arâches, en Haute-Savoie, où l’École du Ski Français (ESF) propose des sessions de handi-ski en fauteuil-ski. Après quelques échanges avec l’équipe, la réservation est prise : un moniteur accompagnera Gabin pour trois heures de glisse (174 euros, assurance non incluse).
Dès l’arrivée sur place, tout est mis en œuvre pour simplifier les choses. Jérémy, le moniteur dédié à Gabin, est là pour les accueillir et les guider. Il prend le temps d’expliquer chaque étape, rassure l’enfant et ses parents, avant de les accompagner jusqu’aux remontées mécaniques.
Côté accessibilité, la station est bien pensée :
✅ Ascenseur et accès PMR pour rejoindre l’étage du départ des cabines.
✅ Rampe aménagée jusqu’au contrôle des forfaits.
✅ Embarquement facilité pour les fauteuils roulants, même si l’aide d’un accompagnateur reste préférable.
Une fois en haut, place à la transformation : Gabin quitte son fauteuil roulant pour s’installer dans le fauteuil-ski, spécialement conçu pour garantir confort et sensations. Le froid n’est pas un problème : une housse coupe-vent permet de rester bien au chaud, tandis que le casque et les lunettes protègent du vent et de la neige.
"J’ai vraiment le droit de faire du ski, comme les autres ?" demande Gabin, entre excitation et appréhension.
Des premières glisses à la révélation
Un dernier regard vers sa maman – qui cache difficilement son émotion derrière ses lunettes – et le trio s’élance. Gabin, bien calé dans son fauteuil-ski, ne bougera plus jusqu’en bas.
"Dès la première descente, on a vu son sourire s’élargir. Il a compris qu’il allait ressentir les mêmes sensations que ses copains, qu’il n’y avait plus de barrière."
Sous la conduite experte de Jérémy, les pistes défilent. Les remontées mécaniques sont parfaitement adaptées au fauteuil-ski, permettant d’enchaîner les descentes sans contrainte. Très vite, Gabin se laisse porter par la vitesse.
"J’ai l’impression de voler !" s’exclame-t-il, grisé par la sensation de glisse.
Et son père, qui suit à ski, vit un moment suspendu.
"Partager ça avec lui, c’était indescriptible. On était ensemble sur les pistes, comme je l’avais toujours imaginé. J’ai vu mon fils s’éclater, sentir l’adrénaline, et pour moi, ça n’a pas de prix."
Un rêve devenu tradition
Trois heures plus tard, la session touche à sa fin. Mais Gabin n’a qu’une seule chose en tête : recommencer.
"La prochaine fois, on fait une piste noire !" lance-t-il, sûr de lui.
Ses parents sourient. Ils savent que ce ne sera pas la dernière fois.
"On ne pensait pas que ce serait aussi simple. Tout a été fluide, l’accueil, l’équipement, l’organisation… On sait qu’on reviendra, et on espère que d’autres familles oseront tenter l’expérience."
Car plus qu’une initiation au ski, cette journée a été une victoire sur les idées reçues. La preuve que les sensations fortes, l’adrénaline et la liberté des sommets ne sont pas réservées à certains, mais qu’avec les bons dispositifs, elles peuvent être accessibles à tous.
Et si la plus belle descente de Gabin n’était que la première d’une longue série ?